Savez vous donner un ordre ? Ça s’apprend …

Non non non ! Il ne s’agit pas de faire le caporal chef, ni de parler à son compagnon comme s’il était le chien qui doit faire le beau. C’est bien plus subtil que ça …. Il finira par faire le beau, mais on va y aller tout doucement, avec un peu de méthode …

Il faut d’abord qu’on essaye de bien définir ce qu’est un ordre, et il faudra progressivement, subrepticement, que votre compagnon apprenne à faire la différence entre une demande de votre part, et un ordre.

On va être amenées à caricaturer un peu, mais c’est pas grave.
On va commencer par décrire ce qu’est une « demande ».

Vous voulez boire un café….
Vous êtes dans un couple ultra classique, vous dites alors « Mon chéri, tu pourrais me préparer un café, ce serait tellement super mon chéri ». Il répond « oui, attend, je finis ma partie », et dans un cas sur deux rien ne se passe, et pour finir, vous allez vous même faire ce café en pestant intérieurement.  Allez, je sais qu’il y en a qui se reconnaissent.

Cas de figure un peu différent. Vous êtes naturellement autoritaire et votre mari est simplement serviable. Vous dites alors « mon chéri, tu pourrais me préparer un café s’il te plaît ? ». Il répond « bien sur ma chérie, je m’en occupe », et 10 minutes plus tard il vous le pose quelque part. C’est mieux.

Voyons maintenant ce que pourrait un ordre dans 3 semaines ? 3 mois ? 3 ans ? En tous cas dans une relation de domination bien établie, dans une phase avancée.
Vous claquez des doigts, ou l’appelez pour lui faire relever la tête et lui dites : « prépare moi un café et sers le moi ».
Il lâche tout de suite ce qu’il faisait, va préparer le café et vient se poster devant vous pour vous demander s’il doit le poser quelque part. Vous lui désignez l’endroit où le poser, puis vous lui dites : « c’est bien » sans le regarder.

J’ai caricaturé, bien sur, mais pour information, chez moi, ça se passe comme ça. Pour revenir à ce qui caractérise le dernier cas, qui est un ordre, vous aurez remarqué :
– pas de « s’il te plaît » (s’il ne lui plaît pas, c’est pareil, donc forcément …)
– pas de délai (sinon après 1 minute vous dites d’une voix forte et énervée « alors ce café ? »
– pas de merci. A la place, un « c’est bien » si c’est le cas. Si c’est moyen, vous ne dites rien, ou vous soupirez d’exaspération.

Il y a autre chose, que l’on ne peut pas voir dans le texte, c’est le ton, la voix. Je reprends l’exemple (abusif, certes, mais pratique) du chien. Si vous lui dites « et qui c’est qui va aller chercher la baballe ? », il va peut être y aller, ou pas, en tous cas il fera ce qu’il veut. Si vous voulez qu’il se mette « assis », vous donnez l’ordre, et votre voix sera différente. Il le sent. Si vous lui dites « et qui c’est qui va s’asseoir sur ses petites fesses ? », ça ne va pas le faire …

Bien sur, vous n’allez pas parler à votre compagnon du jour au lendemain comme au chien qu’on veut mettre assis. Mais dès le début, vous pouvez vous exercer à adopter un ton un peu différent quand vous souhaitez que ce soit perçu comme un ordre. Un ton juste un peu plus froid, monocorde, grave, un tout petit peu sec. Il ne se rendra pas forcément compte mais son cerveau va le percevoir et le noter.

Vous pouvez vous entraîner toute seule. Vous prenez 3 phrases, dont un ordre. L’ordre au milieu. Et vous vous entraînez à changer de ton. Enjoué, habituel, pour la première et la troisième phrase, grave (de façon un peu tranchée) pour celle du milieu :
– Tu sais qu’il faudrait penser à faire réviser la voiture, mon chéri.
– Amène moi un café.
– Aujourd’hui on va sortir un peu, ça nous fera du bien.

Bien sur chacune son contexte, son truc, ses phrases. Mais on y pense pas : on peut s’entraîner, et dans ce cas, on va plus vite.

Pour certaine d’entre vous, ce sera plus facile, car votre compagnon est déjà plus ou moins dans une attitude de soumission, ou bien il le souhaite. Dans ce cas, il faut bien poser les choses, et lui apprendre à reconnaître un ordre : le ton, la forme verbale. Et bien sur lui expliquer que quand c’est un ordre, on ne discute pas, on ne remet pas, on exécute tout de suite.

Pour résumer : Quand vous exprimez un ordre, il faut retirer tout ce qui est autour. Pas de « s’il te plaît », pas de « merci », pas de « mon chéri ». Pas non plus de ton demandeur, suppliant, suggestif … L’ordre est dépouillé de tout. « Va me préparer un café ». Le ton doit être neutre, la voix forte, un peu plus que d’habitude, le regard assuré et clair, vrillé.
On peut, surtout au début, ajouter quelques mots qui permettent au mari soumis en apprentissage de bien reconnaître un ordre : « Va immédiatement me préparer un café » ou encore « Va me préparer un café et dépêche toi ». Mais les mots en plus doivent être un renforcement, et pas une atténuation.

La suite compte aussi beaucoup. Votre mari doit reconnaître qu’il s’agit clairement d’un ordre, et s’exécuter sans délai. S’il traîne, il faut tout de suite le reprendre d’une voix plus forte « Dis donc, je crois que je t’ai demandé de me préparer un café ! » Au point de l’apprentissage, la tolérance doit être proche de zéro. Sinon, c’est la débandade.

Votre mari doit donc agir vite. Vous ne faites plus rien de votre coté, surtout au début. Vous attendez qu’il exécute. Quand c’est enfin le cas, surtout pas de merci, pas un mot, ou alors « c’est bien », ou « voilà ». et le regard neutre. Vous ordonnez, il exécute, tout est normal.

A ce stade de l’explication, je dois vous dire que nous sommes toutes formatées depuis l’enfance pour être le contraire de tout cela. Depuis le « dis bonjour au monsieur » et tout ce qu’on nous apprend ensuite, dire merci, être polie, respecter les hommes et leur supériorité supposée, etc …
Devenir une femme qui domine son mari demande étrangement un effort de libération. Soyez en consciente ! Apprenez à le goûter, à le vivre. C’est bien sur aux dépends de votre mari, mais il va apprendre à le goûter aussi, n’est ce pas ?
Dans ce chemin, vous aller délicieusement abandonner les réflexes. Par exemple, ne dire ni « s’il te plait » ni « merci » est au début une contrainte difficile à appliquer. Mais quand on a passé le cap, quel bonheur d’ordonner sans fioritures. Je vous assure qu’il y a une sorte de jouissance dans cette simplification, et que notre tempérament naturellement dominant y trouve une plénitude très très agréable.

En tous cas, je vous suggère fortement d’essayer, en douceur ou plus fermement … Plaisir assuré !

3 thoughts on “Savez vous donner un ordre ? Ça s’apprend …

  1. Bonsoir Miss Petra.
    J’ai eu une femme qui me parlait comme ça…
    Ca a duré le temps de mon amour, et puis j’ai divorcé.
    Une forme de domination instinctive sûrement, sans pour moi les plaisirs de la domination…
    Car dans un couple D/s, je pense que le pouvoir n’est pas forcément du coté le plus évident….
    Cdlt,
    Jerhek

  2. Bonjour, Miss Petra.

    Ca ne me plaisait pas, mais je le tolérais parce que j’étais amoureux. Quant à la domination, ce n’était pour moi à l’époque qu’une activité vaguement folklorique, pratiquée par quelques riches anglais en mal de sensations…
    Je n’ai découvert la D/s qu’avec mon actuelle Femme, qui pratiquait avant moi.
    Nous le vivons comme une extension du sentiment et du rapport amoureux, et absolument pas comme un rapport à tendance gynarchiste, castrateur et infantilisant. Une sorte de ré-équilibrage au sein du couple, qui me permet aussi en tant qu’homme de m’abandonner à Elle…
    Elle, qui ne désire pas dominer un petit garçon, mais un homme, viril et qui bande, qui lui exprime son désir, mais dont elle a tout pouvoir sur le plaisir.
    Comme elle me dit en souriant, « Quel plaisir à dominer un mouton? »

    Bien cordialement,

    Jerhek

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